Le sexe dans l’art, une fatalité compensatrice

L’homme est un animal pensant, il vit dans le monde et non dans un milieu. Il peut donc sublimer sa sexualité pour la transformer en œuvre artistique, postulat central pour comprendre l’art du sexe.

“Le degré et la nature de la sexualité d’un être humain s’étendent jusqu’au sommet de son esprit” – Nietzsche

Au-delà de l’acte physique, qu’il soit productif ou récréatif, le sexe recouvre plusieurs réalités qui ne peuvent être symbolisées par le verbe. La nature a horreur du vide et l’art vient donc combler le manque par une représentation subjective d’une réalité sur le sexe. Botticelli n’a pas fait de psychanalyse avant de peindre sa Vénus et pourtant il exprime de nombreuses failles inconscientes au cœur de son œuvre, du moins il est possible de le supposer.

Dans ce cas précis, difficile de dire si l’analyse du tableau nous permettra d’en savoir plus sur la sexualité humaine ou sur les objectifs de l’auteur.

Le tableau nous montre une femme chaste se cachant les parties intimes tout en les suggérant. Il est simple de constater qu’elle est déjà sortie de son coquillage ce qui montre le cheminement vers une indépendance à suivre. Tiraillée entre la tentation du couple volant vers de nouveaux horizons ou vers la féminité protectrice de la mère qui peine à la recouvrir du voile de protection. Sous le coquillage les écumes d’Ouranos symboliseraient le sperme, vecteur de la reproduction et tentation intime. Elle est ainsi portée par ses flots vers une destinée déterminée qu’elle nie vouloir suivre. Ceci est bien évidemment un essai d’analyse de l’œuvre dont la beauté réside encore aujourd’hui don son côté insondable.

La sexualité au service de l’esthétisme

Bien que le sexe soit une composante essentielle de l’humanité, elle est beaucoup plus reprise dans les arts que peuvent l’être la gastronomie ou d’autres besoins incontournables. Pour cause, elle est beaucoup plus mystérieuse que nos autres besoins naturels par sa fonction de projet. En effet, bien que le sexe apporte du plaisir et un apaisement, c’est aussi un levier indispensable à la survie de l’espèce bien que le dessein individualiste soit sa continuation personnelle à travers un être que l’on génère.

Outre ces digressions, la femme est un être qui interroge par sa beauté pure et son génie en la matière. Que ce soit dans sa manière de se mouvoir, d’être ou de se comporter, elle est considérée comme “le continent noir de la psychanalyse”. Alors que l’homme cherche à comprendre, à résoudre des problématiques, la femme écrase ses velléités scientifiques par sa simple présence. C’est donc naturellement que l’art s’est emparé du physique féminin et de la pensée masculine pour s’exprimer. Les figures androgynes présentes sur la voûte de la chapelle Sixtine en témoigne tout comme les jambes vulgairement écartées de l’Origine du monde. La stérilité de la pensée masculine sur le mystère de la beauté du corps féminins. Un quiproquo éternel qui a stimulé l’art durant de nombreux siècles.

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